14 février 2008

2.08

Pour reprendre le nom du sac de Chanel, modernisé à ma sauce actuelle (cf. le numéro de Challenges de cette semaine). Je suis obligée (ou pas) de reproduire l'édito du A Nous Paris, toujours de cette semaine.

"Saloperie de fête commerciale, la Saint-Valentin, estiment les puristes après avoir fustigé Halloween, Noel et la fête des grands-mère. N'empêche que ce sont les mêmes qui, dès vendredi, mettront au pilori leur infame binome, ce pingre, cet insensible, ce monstre infichu de se fendre, une fois dans l'année, d'une malheureuse gerbe de roses ou d'une montre d'un peu de prix. Les gens sont paradoxaux. Quand ils sont seuls, ils assurent être bien comme ça, tout en enviant, quand même, ceux qui ne le sont pas. Quand ils avancent par deux, exception faite de la parenthèse enchantée autrement appelée phase de lancement (On s'est rencontrés il y a vingt-quatre jours, et c'est TROP bien...), ils s'imaginent qu'ils sont les seuls à souffrir comme ça. "Je vois plein de gens malheureux parce qu'ils croient qu'autour d'eux, c'est le bonheur et la simplicité conjugale, et qu'eux sont dans la panade. Ce n'est qu'une illusion. Se rendre compte que c'est difficile pour tout le monde est un premier pas", nous a expliqué cette semaine le sociologue Jean-Claude Kaufmann. "Oh no! Love, you're not alone!", chantait David Bowie sur le même ton. Non, mon coeur, rassure-toi, tu n'es pas seul(e) à ramasser de vieilles chaussettes, à te battre pour choper la télécommande ou à répéter sans fin la grande scène de l'acte III, celle qui est si longue et qui démarre dès que tu as franchi la porte de l'appartement à 21h32 parce que tu donnes trop à ce travail ingrat qui ne te donne qu'une fiche de paie chaque mois. Pas de doute donc, ou bien ils mentent, ou bien ils sont dans le cosmos, ces spécimens exaspérants, ceux qu'on truciderait bien à chaque instant qu'on soit célibataire ou marié, cinq enfants. Du genre de ces collègues qui, l'air ému, vous racontent par le menu dès que vous n'en avez pas envie, tout ce que fait le merveilleux être aimé que vous ne connaitrez jamais, mais dont le prénom anime toutes leurs conversations. A nous, cependant d'être tolérants. Tous ces comportements étranges sont malheureusement inhérents au sujet. Ce ne sont que des manifestations de l'amour, sans lequel nous ne serions rien, mais qui n'est fait que d'incertitudes, de choix et de compromis. C'est simple et beau comme la vie, comme pousser ensemble un caddie. "On prend des yaourts aux fruits ? C'est tentant, mais j'hésite, ma chérie..."

Carine Chenaux
Photo : PostSecret

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