18 novembre 2007

Paris Photo

Paris Photo. Tout un idéal de vie dans ces deux mots finalement. Je fût ennivrée de photos. Saoûle. A en mourir. De joie, bien sûr. Journée de vacances - croire que les vacances ne sont que dans 5 semaines et pas mois. Décider du chemin en fonction du soleil. Regarder les passants, les dévisager même. M'en foutre. Après tout, dans 5 mois c'est fini. Ne pas ressentir les grèves, dans la routine 14-boulot-boulot-dodo. Passer devant Tolbiac, fermé par blocage. Ne pas avoir d'appareil à portée de mains. Regretter cette année, sans photos. Voir les manif à la télé, les photographes devant. Les photos à la une du Monde, du Nouvel Obs. Collectioner les DVD et ne pas avoir même le temps de les regarder. Être absente des conversations. Ecouter, répondre, presque mécaniquement. Je m'excuse, sachez que je m'en rends compte. Ne pas voir les résultats en plus. Vivre au négatif dans l'attente d'un positif. Le froid hivernal qui gèle les joues et la chaleur de la chambre travailleuse. Se regarder. Penser à plus tard. Vivre de musique, pour se changer les idées. Rêver. Dormir. Café. Et puis l'illumination. Se forcer. Y aller. Paris Photo. Tout un mode de vie, imaginé, rêvé, admiré dans ces deux mots. Et retour par le génie de la Bastille, écrit, chanté, poétisé mais toujours ce charme inexplicable. Celui de la révolte passée peut-être. Les photos ont changés parce que notre société a changée. Aujourd'hui on fait la grève contre la grève. Les photos deviennent floues, comme une société qui se cherche. La société de consommation - non, plutôt la crise des années 1970 - a tué la Photo. Reconnaître un Brassaï et, forcément, aimer. Mon inconscient a parlé, et j'en ai pris conscience entre temps. Finalement, apprécier sa famille, entre engueulades et compréhensions qui dépassent toute logique, qui énervent donc. Le retour à la réalité. Il est déjà trop tard. Je ne dors toujours pas et je ne te verrai pas demain par ma flemmardise post-DS, par mes rêveries.

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